Un club toujours en vente
Robert Louis-Dreyfus a toujours l'intention de vendre l'OM. Et ce procès
en appel ne devrait pas modifier sa position.
LA DÉCISION de Robert Louis-
Dreyfus de vendre le club est devenue
évidente, pour lui, en mars 2006,
lors du procès des comptes de l'OM,
en première instance. Une évidence
renforcée lors de l'énoncé des
peines, le 9 juin 2006, le jour même
du match d'ouverture de la Coupe du
monde en Allemagne. Pendant le
tournoi, il avait alors réchauffé ses
contacts avec Jack Kachkar, l'industriel
canadien candidat à l'achat du
club, avant de l'inviter au mois
d'août à Marseille afin d'assister à
un match au Stade-Vélodrome.
L'actionnaire principal souhaitait
conclure la vente de l'OM avant ce
procès en appel. Ce ne fut pas le cas,
pour cause de défaillance spectaculaire
de Kachkar.
Depuis, RLD a confirmé son intention
de vendre le club, opération mise en
sommeil à l'approche du procès en
appel, et ce d'autant plus facilement
qu'il n'existe pas, pour l'instant,
d'acheteur déclaré. Le récent regain
d'enthousiasme de l'actionnaire
principal pour l'OM et sa très probable
intervention dans la vente de
Ribéry au Bayern Munich (dont il a
été administrateur), pour 25M, ne
l'ont pas fait changer d'avis. Il veut
toujours vendre, mais la deuxième
place en L 1 et la qualification directe
en Ligue des champions le font
patienter de manière agréable.
De nouveaux rapports
entre l'OM
et son actionnaire
En attendant, il a, comme à l'accoutumée,
comblé le déficit (8M) pour
l'exercice clos au 30 juin. Et il se tient
informé des intentions de l'OM sur le
marché actuel des transferts, lesquelles
tardent à se concrétiser. Une
prudence à laquelle RLD n'est pas
étranger, directement et indirectement.
Directement, d'abord, car il
livre conseils et directives, plutôt sur
ce qu'il faut éviter, par exemple se
précipiter ou faire signer des joueurs
qui participeront à la CAN en janvier
prochain. Cela avait été préjudiciable
à l'OM il y a deux ans. Indirectement,
ensuite, car Pape Diouf
indique aujourd'hui que l'utilisation
prioritaire de l'argent de la vente de
Ribéry (25M) doit aller à l'équilibre
des comptes du club et à la recherche
d'une certaine indépendance de
l'OM par rapport à son actionnaire
principal.
Dans l'immédiat, l'attitude de
l'actionnaire principal indique de
nouveaux rapports entre RLD et son
club, une sorte de nouveau contrat. Il
est disposé à accompagner de plus
près, y compris financièrement (par
exemple sous forme de garantie), la
campagne actuelle des transferts si
le club utilise judicieusement ses
fonds. Or, l'OM est actuellement en
train d'en engranger de nouveaux
par le biais de la campagne d'abonnements
pour la saison 2007-2008.
Pourtant, la hausse généralisée des
tarifs passe mal chez certains abonnés
au point que la majorité des
groupes ont même suspendu la
vente des abonnements.
Le jugement de ce procès en appel
sera connu en septembre. Et deux
cas de figure vont se présenter : si le
jugement est sévère, voire très
sévère, pour RLD, il reprendra le processus
de vente de manière irrévocable.
Si le jugement est en rapport
avec les attentes de l'actionnaire
principal et que, parallèlement, les
résultats sportifs de l'OM sont bons,
Robert Louis-Dreyfus pourrait alors
attendre paisiblement qu'un acheteur
se manifeste. Sachant que la
présence de l'OM en Ligue des champions
rend l'achat du club plus
attractif.